Discussion avec Shaïman Thürler | Média Le Futurologue
Une Discussion avec Shaïman Thürler, Fondateur du Média Le Futurologue
Discussion avec Shaïman Thürler
Article du 24 Décembre 2025

Crédit photo : @lefuturologue
Présentation
Je m’appelle, donc, Shaïman Thürler, j’ai 21 ans. Je viens d’une région qui s’appelle La Gruyères, qui est dans le canton de Fribourg en Suisse. Je suis fondateur du média Le Futurologue et je suis également conférencier sur les enjeux de l’intelligence artificielle. Concrètement, ça signifie que toutes les semaines, je produis des interviews, des débats ou des analyses sur l’intelligence artificielle.
Et plus particulièrement sur les impacts que l’IA a ou aura sur la société, sur les individus, sur la démocratie, sur le climat, sur nos vies de façon générale.
Je m’intéresse vraiment aux impacts sociétaux qu’elle va avoir et qu’elle a déjà.
Qu’est-ce qui motive ces actions ?
Je dirai que c’est une volonté de faire prendre conscience au grand public, les enjeux qui sont face à nous.
Aujourd’hui, de + en + de personnes parle de l’intelligence artificielle. C’est passé d’un sujet de niche à un sujet de + en + mainstream.
Mais malheureusement encore, très peu de personnes en parle bien. En parle avec les bonnes informations, les sources scientifiques solides. Et même au contraire, énormément de discours qu’on entend malheureusement sur internet et dans les médias traditionnels sont en total désaccord avec le domaine scientifique qu’est la sécurité de l’intelligence artificielle, qui est un domaine scientifique qui existe maintenant depuis + de 15 ans.
Et donc mon but à travers mon média et les conférences que je donne, c’est justement d’expliquer, de servir de pont, en fait, entre ce domaine scientifique de la sécurité de l’IA et le grand public. Afin que tout le monde soit conscient de la trajectoire dans laquelle on se trouve. Et afin qu’on puisse, également davantage la choisir, collectivement. Plutôt que la subir simplement parce qu’on ne sait pas qu’on est à l’intérieur.
Discussion avec Shaïman Thürler
Et ton cheminement jusqu’à la création du Futurologue ?
Donc, il faut savoir que j’ai publié ma 1ère vidéo, il y a maintenant + de 6 ans. Le 10 Septembre 2019. Alors même que.. Le jour même de mon anniversaire de mes 15 ans.
Au début, sur ma chaîne, je parlais vraiment de tout ce qui me passait par la tête. J’avais pas d’ambition particulière. J’étais très curieux de tout, en fait. Et j’avais envie de transmettre quelque part, cette curiosité.
Puis le fait de produire des vidéos sur certains sujets, c’était aussi une façon pour moi de faire des recherches. D’apprendre plus sur ces différents sujets. De mieux structurer ma pensée dessus également.
Cheminement et création
Et donc, j’ai parlé de souffrance animale, de réchauffement climatique, de politique, de douche froide. Vraiment, j’ai exploré tout un tas de sujets. J’ai aussi parlé, par exemple, de métavers. J’ai fait des vidéos sur … Sur quoi d’autre, j’ai pu faire des vidéos ? Oui, j’ai fait beaucoup sur les voitures électriques aussi. C’est celle qui a le mieux fonctionné sur ma chaîne Le Futurologue archives, maintenant.
Donc, voilà, ça fait déjà + de 6 ans que je produis ces vidéos.
Cheminement et création
Au début, comme je disais, j’avais aucune ambition particulière par rapport à ça. C’était plus un à côté. Mais après 1 an à avoir créé des vidéos, j’ai décidé d’arrêter l’école pour m’y consacrer à plein temps. Et également pour faire un peu de montage vidéo en freelance. Donc, c’est ce que j’ai fait jusqu’à récemment. Jusqu’à il y a quelques mois. Et donc, ça a fait + ou -, voilà, 4 ans 1/2, 5 ans durant lesquels je vivotais grâce au montage vidéo freelance. Ainsi que grâce au soutien de mes parents, chez qui j’ai pu continuer à vivre.
Là, ça fait seulement vraiment 4 mois, au moment où j’enregistre ce vocal, que je vis entièrement de ma chaîne.
Discussion avec Shaïman Thürler
Comment tu es passé de faire des vidéos sur tout un tas de sujets, à des vidéos sur les enjeux de l’IA ?
C’est notamment en Novembre 2023, j’ai notamment eu l’occasion d’échanger avec de nombreuses personnes, du Centre pour la sécurité de l’intelligence artificielle. Et faut dire que les membres qui le composent sortaient des formations universitaires les plus prestigieuses de France et d’Europe, en intelligence artificielle.
Et lorsque ces personnes m’ont dit qu’il y avait des risques pour l’humanité, tels qu’ils sont. Des risques existentiels, des risques d’extinction, même. De catastrophe absolument majeure. Et que ces risques pouvaient advenir dans les prochaines années. Autrement dit, que l’ampleur et l’urgence de ces risques étaient bien plus importantes que celles auxquelles je pensais que j’avais en tête, jusque-là.
Je me suis vraiment remis en question. J’ai fait beaucoup de recherches. Écouté énormément de conférences, lu des articles, plongé dans la littérature scientifique sur le sujet, j’ai lu des livres. Et j‘ai continué à discuter avec énormément d’experts.
Tout ça dans le but de beaucoup mieux comprendre le domaine. Et petit à petit, j’ai ressenti une sorte de devoir moral, à me focaliser, finalement, sur ce sujet.
Ça me paraissait un sujet si important et pourtant si négligé. Très peu de personnes en parlaient. Et les personnes qui en parlaient, en parlaient, finalement, assez mal. De façon pas du tout rigoureuse.
Et du coup, j’ai voulu créer ce média Le Futurologue, en étant vraiment centré sur ce sujet pour avertir le grand public de ce qui se passe. Et redonner quelque part des moyens d’action. Voilà, en gros, une histoire qui m’a emmené à créer Le Futurologue.
En quoi consiste ton travail ? Ses forces et ce que tu as appris en chemin
Alors, mon travail consiste à rechercher beaucoup d’informations, à faire une veille constante sur ces nouvelles technologies pour savoir comment elles fonctionnent. Pour suivre les nouveaux modèles, les actualités dans le domaine. Et pour comprendre le fond du sujet, quelque part, pour pouvoir le retransmettre.
Donc, beaucoup d’échanges avec des experts. Donc, beaucoup de veille technologique etc. Et ensuite, c’est retransmettre, tout ce que j’ai pu apprendre, au travers de cette ingurgitation d’informations. Au travers de différents médiums. Que ça soit donc des interviews d’experts, des chercheurs, des ingénieurs en IA, des économistes ou autre.
Que ça soit au travers de débat. Justement, je prends différents experts sur ces questions, mais qui sont en désaccord. Afin de laisser au final, au public, le soin de voir les différents arguments qui circulent dans le champ. Et aussi, maintenant, des analyses, où maintenant je vais faire des recherches encore plus poussées. Je vais regarder un peu tout ce qui se dit sur un sujet donné. Et je vais essayer d’en tirer ma propre analyse. Je vais écrire un script et faire des vidéos montées sur le sujet. Ça, c’est quelque chose que je fais de + en +, en parallèle des interviews et des débats.
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Comment se composent tes journées ?
C’est très varié et il y a la préparation d’épisodes qui consiste à regarder, par exemple à lire les livres qu’on écrit mes invités. À regarder leur conférence, à trouver des questions originales auxquelles ils n’ont pas encore eu l’occasion de répondre et qui pourtant serait particulièrement intéressante.
Ça va être beaucoup de préparation d’interviews, préparation de leur présentation en interview, etc. Ensuite, il y a toute la phase de montage. Maintenant, j’ai délégué, mais je dois quand même faire beaucoup de retours à beaucoup de monteurs. Pour faire en sorte que mon teaser d’introduction soit le plus qualitatif possible pour rendre l’expérience de visionnage la plus fluide et agréable possible.
Pareil avec les miniatures. Pareil avec tout le reste finalement. Et aussi, choisir des nouveaux sujets de vidéos. Déterminer qu’est-ce qu’il va y avoir dans la vidéo. Quelle structure. Écrire la vidéo en question. L’envoyer pour faire le montage et faire des retours sur le montage.
Ça représente une partie très significative de mon travail.
Essayer de trouver des nouvelles façons de financer tout ça. Donner des conférences, participer à des tables-rondes, à des interventions publiques. De + en +, je suis également demandé pour moi-même être interviewé.
Donc je donne des interviews, maintenant. Ça doit arriver + ou – 2 fois par mois. Quelque chose comme ça.
Donc voilà, l’essentiel de mon travail, c’est ça.
Après, j’ai aussi beaucoup d’opérationnel quoi disons. C’est-à-dire tout ce qui est la gestion de l’administratif. Faire des retours à tout le monde. Trouver une stratégie globale, cohérente et pertinente. Mettre en place de nouveaux projets qui vont arriver. Trouver des sources de financements. Enfin, voilà, plein de choses à faire, un petit peu de tous les côtés.
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Qu’est-ce qui t’anime ? Quelles sont tes valeurs ?
Ce qui m’anime, je dirais, comme je l’ai dis, c’est avant tout un devoir moral. Je pense que vraiment c’est très important que quelqu’un fasse le travail que je suis en train de faire. Et c’est précisément parce que personne ne le faisait que je me suis senti le devoir moral de le faire. Ce n’est pas particulièrement une passion pour le domaine de l’intelligence artificielle.
C’est pas un domaine qui m’intéresse énormément.
Bien sûr, je l’apprécie mais je l’apprécie, comme j’aime beaucoup d’autres domaines.
Et comme je le disais auparavant, je suis de base, curieux de tout. Je suis intéressé par l’astronomie, par la biologie, par la physique quantique. Par l’anthropologie, les sciences humaines et sociales, la sociologie, la politique. Enfin, voilà, je m’intéresse à énormément de domaines différents de base.
Et finalement, l’intelligence artificielle, le fait de produire des contenus, de me spécialiser sur ce domaine, c’est pas ce qui me plaît le +, d’un point de vue purement personnel.
Je pense que j’aurais préféré avoir une carrière sur plein de sujets diversifiés. Par exemple, faire de la médiation scientifique, mais sur énormément de sujets différents. Plutôt que de parler que d’IA.
Valeurs
Mais il me semble que malheureusement les enjeux sont tellement importants aujourd’hui avec l’intelligence artificielle. Il y a un tel besoin d’informations, il y a tel gouffre informationnel à combler entre la recherche et le grand public. Que vraiment comme je l’ai dit plusieurs fois déjà, je ressens un véritable devoir moral à aller dans cette direction quoi.
Donc voilà, ce qui m’anime, c’est d’être avant tout l’objectif… d’être plus utile, de redonner des moyens d’actions aux citoyens, de faire en sorte qu’on ne soit pas bloqué dans une passivité. Du fait qu’on ne sache même pas ce qui se passe. Mais qu’au contraire, qu’on en prenne conscience et qu’on choisisse délibérément la direction vers laquelle on veut aller. Plutôt que ce soient quelques géants de la tech qui choisissent dans leur coin, la direction et le futur de l’humanité.
Et d’un point de vue de mes valeurs, je dirais que.. Qu’est-ce que ça peut être mes valeurs ? | rire | C’est une bonne question ça.
Je pense que la démocratie, c’est une valeur qui me tient particulièrement à coeur. Et le fait qu’aujourd’hui, ces systèmes soient si peu démocratiques, c’est quelque chose qui m’embête beaucoup.
Aujourd’hui, 72 % des Américains disent qu’il faudrait ralentir le progrès de l’intelligence artificielle. Même dans un des pays les + accélérationnistes au monde comme les États-Unis, il y a une large majorité qui veut aller dans ce sens. Et pourtant, c’est pas du tout le sens vers lequel on va, au contraire, on va vers une accélération, la + rapide possible des progrès en IA. Avec des risques absolument démentiels. Et finalement quelques personnes, quelques milliardaires de la Silicon Valley et de la Chine qui décident de ce futur technologique pour le reste de l’humanité.
Valeurs
Et ça, c’est quelque chose que vraiment, je n’apprécie pas du tout. Donc remettre de la démocratie, à l’intérieur de ces processus me semble absolument essentiel.
Une autre valeur, c’est la valeur de la sécurité. Finalement, faire des choses, des avancées technologiques, je trouve que c’est une très bonne chose. Et c’est certainement beaucoup de choses, à aller chercher de ce côté-là pour améliorer le bien-être de l’humanité. Même des autres animaux. Mais il faut que ça se fasse dans un cadre éthique et sécuritaire clair. Que ça soit encadré, de sorte à ce que la technologie aille dans le bon sens finalement. Par défaut, la technologie, ne fait qu’augmenter la puissance de l’être humain.
Et si on veut que l’augmentation de l’être humain aille dans le bon sens. Et bien justement, il faut qu’on ait les institutions, les encadrements nécessaires qui permettent d’aller, de diriger la technologie dans ce bon sens, là, quelque part. Malheureusement, aujourd’hui, l’institution ne me semble pas câbler face à une technologie qui avance aussi rapidement.
Valeurs
Comme le disait Edouard Wilson “On a des émotions paléolithiques, des institutions moyenâgeuses et des technologies divines.”
Une grande partie de ce que j’essaie de faire, c’est de rééquilibrer disons, ces 3 forces. Que ça soit en essayant de ralentir les technologies divines, mais aussi en réfléchissant à comment améliorer le processus institutionnel. Et comment améliorer nos émotions qui parfois sont malheureusement, un peu paléolithiques. Afin de rééquilibrer ces forces justement. Et puis qu’à la fois la puissance de l’humanité puisse augmenter, mais sa sagesse également.
Parce que malheureusement, une trop grande puissance sans sagesse ne mène généralement pas à des endroits très agréables.
Donc, voilà, c’est un petit peu ça les valeurs principales qui m’alignent, qui m’animent aujourd’hui.

Crédit photo : @lefuturologue
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Après l’arrêt de l’école à 16 ans et ta 1ère publication de vidéo, quels ont été tes ressentis et tes appréhensions ?
Non, c’est effectivement une décision que j’ai prise de façon réfléchie et mûrie. Pas sur un coup de tête.
En réalité, ça représentait pas un très grand danger pour moi dans le sens où j’avais de très bonnes notes à l’école.
Si je le souhaitais, je pouvais reprendre les études comme-ci de rien n’était l’année d’après. Et ça me permettait de tester des choses, en attendant pendant 1 an. D’acquérir de l’expérience professionnelle, des compétences. Donc voilà. Je ne prenais vraiment pas énormément de risques en faisant ça.
D’autant qu’à 16 ans, je ne sais pas ce qu’il en est en France, mais en tout cas, en Suisse, on est vraiment à la fin d’un cursus. Un diplôme de fin d’études obligatoires. Le Brevet Fédéral, si je ne dis pas de bêtises. Je ne sais plus si ça s’appelle bien comme ça.
Mais en tout cas, on est à la fin d’un cursus. Et du coup, c’est le moment où on peut changer d’école l’année d’après. Et moi, au lieu de changer d’école directement, d’aller aux études supérieures et ben j’ai décidé de prendre un an à ce moment-là pour voir ce que ça donnait.
Donc, voilà, c’était une décision qui était effectivement réfléchie. Et pas si risquée que ça en réalité.
Discussion avec Shaïman Thürler
Comment s’est passée cette transition pour toi ?
Bah écoute, ça s’est très bien passé.
J’ai eu des problèmes de santé par le passé. Notamment, je dirais + ou – de mes 10 à 17-18 ans quelque chose comme ça. Où toutes les années, j’ai dû me faire opérer d’une tumeur que j’avais à l’oreille, non-cancéreuse, ça s’appelle le cholestéatome.
Et du coup, ça faisait que chaque année, je devais rester au moins 1 mois ou plusieurs mois à la maison, sans aller à l’école, sans pouvoir faire de sport ou quoi que ce soit, en post-opératoire.
Et donc, ça m’a aussi amené à apprendre à m’organiser par moi-même. À mieux gérer ces aspects du quotidien. À apprendre par moi-même, etc.
Donc dans un certain sens, cette maladie qui est revenue et dont maintenant, je suis sorti à priori. Ça m’a pas mal apporté de ce point de vue-là. Et donc la transition s’est relativement bien passée. J’avais déjà acquiert les bases nécessaires de discipline aussi pour pouvoir organiser mon temps de la bonne manière. Et pas juste passer ma vie à regarder des vidéos et jouer à des jeux vidéos.
Les appréhensions honnêtement, comme je l’ai dit, il n’y en avait pas beaucoup. Il n’y avait pas énormément de risque que je prenais.
Mes ressentis, c’était très agréable de ne plus avoir un cadre imposé, des horaires imposés fixes aussi. De pouvoir prendre mes propres décisions. Travailler sur les projets dont j’avais envie, qui me paraissaient plus pertinents. Davantage autonome, libre et maître de sa vie. Ce qui est assez agréable.
Discussion avec Shaïman Thürler
Que représente ce laps de temps entre l’idée de… Et le passage à l’action ?
De… Je ne sais pas, ça doit être aux alentours de 1 an avant que j’ai commencé à y réfléchir. Quand j’ai publié ma 1ère vidéo. Donc j’ai publié ma 1ère vidéo , 1 an avant de quitter l’école. Et déjà ce moment-là, je me disais peut-être que je peux faire ça après.
Après, c’est surtout quand il y a les conseillères d’orientation et tout ça, qui sont venus en classe pour nous proposer toutes les possibilités qu’on pouvait faire. J’ai commencé à beaucoup me questionner là-dessus, où je voulais aller ensuite. Et donc, à ce moment-là, le choix de prendre en tout cas, 1 an pour faire mon propre projet, s’est imposé. Assez comme une évidence.
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Et ta relation et tes échanges avec tes parents ont-ils été impactés à ce moment-là, vu que tu vivais chez eux ?
Je vivais chez ma mère, pour être précis, parce que mes parents se sont séparés juste après ma naissance.
Et oui, globalement, ça s’est très très bien passé avec mes parents. J’ai eu énormément de chance à ce niveau-là.
Étant donné que ma mère et mon père sont, les 2 indépendants. Mon père fait des vols parapentes en bi-place et il travaille aussi dans une usine, mais en tant qu’indépendant. Et ma mère fait de la vente de produits sur les marchés. Elle a beaucoup voyagé à travers le monde et tout ça. Donc, c’est des gens qui n’ont pas un cadre normatif d’études très très ancré. Ils m’ont laissé toujours beaucoup de liberté. À la fois, dans mon éducation et à la fois dans mes choix de carrière. Ce qui en tout cas, pour moi, était très bénéfique.
Échanges relationnels
Donc ma mère était peut-être un peu plus sceptique. Elle a fait plus de recherches. Elle se questionnait là-dessus, elle était plus inquiète. Mais finalement, bah comme je l’ai dit, quand je lui ai expliqué que j’avais un vrai projet en tête. C’était pas juste une idée lancée en l’air. Et puis finalement, je ne prenais pas tant de risques que ça d’abandonner les études. Elle a accepté sans trop de problèmes.
Et du coup, j’ai eu beaucoup de chance que je puisse habiter chez eux. Que je puisse avoir la nourriture fournie par eux. Qu’ils payent mes factures, jusqu’à encore récemment.
Donc ça, c’est quand même une énorme chance d’avoir eu des parents comme ça qui me soutiennent dans mon projet.
Et même d’un point de vue, j’ai envie de dire, presque moralement quoi. Ils n’ont jamais été contre ce que je faisais, à trouver que c’était ridicule, nul ou je ne sais quoi.
Au contraire, ils m’ont toujours beaucoup soutenu. Donc ouais, c’était vraiment très chouette de ce point de vue-là.
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Comment as-tu été amené à te connecter aux experts que tu mentionnes faisant partie du Centre de la sécurité de l’IA ?
Effectivement, j’ai mentionné le Centre pour la Sécurité de l’IA. Je pense que ce n’est pas les seuls experts avec qui j’ai été amené à parler. C’est un mélange de beaucoup de choses. Je pense notamment à Jérémy Péret, que j’avais rencontré sur mes podcasts. Je crois que les 1ers podcasts que j’ai faits sur l’IA ou parmi les 1ers podcasts, ça devait être lui.
Siméon Campos qui faisait partie des premiers, si tu regardes l’historique de ma chaîne de podcast. À parler d’intelligence artificielle. Et en fait, je les avais vu passer sur la chaîne YouTube de The Flares qui les avait déjà interrogés. Donc, j’avais eu envie de les interroger moi-même parce que j’avais trouvé les discussions particulièrement marquantes.
Et donc ça, ça a été une 1ère façon de rentrer en contact avec le domaine de la Sécurité de l’IA.
Et puis, pour le Centre pour la Sécurité de l’IA en lui-même. C’est une bonne question.
J’ai été à des événements où ils étaient. Donc j’ai pu discuter à ce moment-là avec eux. Et puis aussi, Jérémy connaît des gens du Centre pour la Sécurité de l’IA. Enfin, c’est un petit milieu, donc tout le monde se connaît un peu.
Donc, voilà, les choses allant, j’ai été amené à échanger avec eux.
Discussion avec Shaïman Thürler
Est-ce une démarche de ta part, le biais par les études, les circonstances de la vie ?
Non, c’est davantage une démarche de ma part, comme j’ai dit.
En-tout-cas, Siméon et Jérémy, je voulais les contacter, car j’avais trouvé leur interview particulièrement intéressante. Et les 2 ont accepté. Jérémy en particulier, je suis resté pas mal en contact et maintenant, c’est même lui qui me publie les shorts sur tous les réseaux sociaux et qui fait la promotion de mes épisodes. Il est prestataire de services pour moi donc c’est très très drôle comme les choses ont été.
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Je ne t’ai pas posé la question au sujet de ton cursus scolaire. Pourrais-tu en partager davantage à ce sujet ?
Donc cursus scolaire comme je l’ai dit, j’ai arrêté l’école à 16 ans. Donc, jusqu’ici, c’étaient les études obligatoires. Les 3 dernières années, du coup, c’était, en tout cas ce qu’on appelle les études secondaires chez nous. Après la primaire, il y a la secondaire.
Du coup, là, il y a aussi un truc par niveau. Il n’y a pas tout le monde qui va dans les mêmes classes, mais il y a un classement par niveau. Il y a exigences de base générale et pré-gymnasiale. Et du coup, moi, j’étais en pré-gymnasiale, le + haut niveau. Après, c’était franchement pas très difficile et je n’ai pas beaucoup de mérites de ce point de vue-là. Mais du coup, ça allait très bien, les études, aucun problème de ce point de vue-là. J’arrive à apprendre les trucs sans trop de difficultés.
J’avais un cadre qui me permettait de le faire très bien aussi.
Mais j’ai toujours eu un cadre, voilà où comme j’ai dit, ils me soutenaient. Je pouvais faire les trucs à la maison tranquille. J’avais pas à travailler à côté, ou je ne sais trop quoi
Après, il n’y a pas grand monde qui a à faire ça. En-tout-cas, en Suisse, pour les études obligatoires.
D’un point de vue social, c’était un petit peu plus difficile les 3 dernières années. Globalement, ça allait. J’étais ni parmi les meilleurs de la cour de récréation, ni parmi les inférieurs non plus. Plus du côté des inférieurs, mais quand même pas trop. Je ne me suis pas fait méga-harcelé ou je ne sais trop quoi.
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Par rapport à ton indépendance financière, est-ce que c’est dû spécifiquement au nombre de vues de tes vidéos ou il y a-t’il des facteurs extérieurs connexes à ta chaîne youtube ?
Donc ouais, effectivement le fait que mes vidéos fonctionnent mieux, ça m’a bien aidé. Ça permet avec les pubs YouTube d’en financer une partie. Ça permet aussi d’avoir + de gens qui entendent parler du fait que j’ai des financements participatifs sur Tipee, PayPal, Patreon et tout ça. Ouais, donc le financement participatif à augmenter. Ça permet aussi de faire des sponsors. Enfin, des collaborations commerciales plutôt avec des marques.
Je pense au moment où tu publieras l’article, j’aurais déjà publié une série de 3 interviews en collaboration avec Hostinger, qui est une plateforme d’hébergement web.
Du coup, c’est ma 1ère collaboration commerciale. Et ça, ça va, ça représente une partie importante de mes revenus. Je pense que s”ils me le proposent, c’est notamment dû au fait qu’il y a + de vues sur mes vidéos.
Et après, il n’y a pas que ça. Il y a aussi le fait que je développe petit à petit mon activité de conférencier, d’interventions publiques, de tables-rondes, etc.
Indépendance financière
Et j’ai reçu aussi des financements externes d’organismes qui font de la sensibilisation sur les nouvelles technologies, les technologies émergentes et l’IA, du coup.
Donc tout ça, mis ensemble, ça m’a permis d’être indépendant de ce point de vue. Et même de faire appel à des free-lances parce que là, en tout, je dois travailler avec 7 freelances différents pour produire les contenus que je fais. Sinon j’arriverais pas du tout à avoir ce rythme-là sans eux.
Bien sûr, ils ne sont pas du tout à temps plein, mais voilà, il y a une personne qui s’occupe des miniatures, une personne du montage, une personne qui m’aide à la stratégie, une personne qui fait le montage, du coup des vidéos. Mais aussi une autre qui fait le montage des podcasts. Une personne qui me fait la publication des shorts et la promotion sur les réseaux. J’oublie, il y a encore des trucs. Et voilà, ça me permet tout ça.
Discussion avec Shaïman Thürler
Quel conseil donnerait le Shaïman d’aujourd’hui à celui du passé, s’il ne devait en choisir qu’un ?
Je pense, ça serait : lance-toi. Lance-toi le + vite possible, ne réfléchit pas trop, passe à l’action. Et adapte les choses ensuite.
Bon, j’ai lancé ma chaîne Youtube assez tôt, justement à l’anniversaire de mes 15 ans. Et si j’avais pu le faire plus tôt, ça aurait été encore mieux. Et j’avais déjà cette idée en tête mais je ne m’étais pas lancé. Parce que voilà, les excuses classiques, j’ai pas assez de connaissances, j’ai pas le bon matériel, je ne sais pas comment faire, où aller et tout. Et tu l’as vu, ma 1ère vidéo, c’est vraiment… J’ai posé une vieille tablette devant moi et j’ai enregistré quoi. Un peu en mode, je sais très bien que je n’ai ni le charisme, ni les bonnes images, mais tentons des choses.
Et je pense que c’est la bonne perspective à avoir. C’est celle qui permet d’avancer plus vite.
Et si j’avais pu, aussi, bah d’une part me lancer plus tôt. Et d’autre part, à moins réfléchir et plus passer à l’action.
Ainsi que de me lancer plus tôt sur la sécurité de l’IA aussi. Mais bon pour le coup, c’est plus difficile, car il fallait que j’en sois conscient.
C’est pour ça, que je fais ce que je fais. Pour que plus de personnes soient conscientes de ces enjeux, en parlent. Mais j’aurais bien aimé être conscient de l’urgence, de l’ampleur de ces enjeux avant. Pour pouvoir m’y mettre avant, justement.
Avoir aujourd’hui, encore plus de connaissances que j’en ai sur le sujet. Et ouais, être encore plus utile à la cause, d’une certaine manière.
Et quelle fenêtre et quelle perspective ce même Shaïman d’aujourd’hui offrirait à Shaïman de demain et des années à venir ?
Je dirais globalement, ne te laisse pas happer par les statistiques, la gloire, l’argent ou je ne sais trop quoi.
Oublie pas que ce que tu veux maximiser, c’est les chances de survie de l’humanité et le bien-être des humains et de tous les êtres conscients. Des animaux, etc.
Que c’est ça le “devoir moral” que tu poursuis et que ce n’est pas autre chose. Tout le reste, c’est juste des objectifs instrumentaux et intermédiaires pour atteindre cet objectif final. Et n’oublie jamais qu’il faut aller dans cette direction-là.
Et aussi, fait attention à ne pas être trop la tête dans le guidon. À poursuivre les actions de la to do list quotidienne. Et oublie pas de réfléchir à la stratégie globale et à quels sont les vrais objectifs et les meilleurs moyens de les atteindre. Plutôt que de poursuivre une liste de tâches sans en comprendre l’intérêt. Et parce que juste on se l’est fixé à un moment donné.
Discussion avec Shaïman Thürler
J’aime beaucoup ton prénom. Il a une origine particulière ?
Déjà, merci beaucoup.
Donc, non, il n’a pas d’origine particulière. Ni moi, ni mes parents avons d’origine autre que Suisse d’ailleurs.
Enfin, j’ai de la parenté en Italie ou ce genre de choses, mais disons que… En Suisse Allemande aussi. Mais disons que globalement, oui, tout le monde est Suisse. C’est juste ma maman qui a eu un rêve avec un ange qui est venu lui dire ce prénom particulier. Enfin, même pas ce prénom particulier. C’était un prénom un peu différent et qu’elle a décidé de modifier un peu pour qu’il sonne mieux. Et qui a donné Shaïman, à la fin.
Je crois, si je ne dis pas de bêtise qu’il y a des prénoms, un peu similaires en hébreu, notamment Shaïma. Il y a Shaïmani, en je ne sais plus quelle langue. Mais en tout cas, non, ça n’a pas d’origine particulière. Je ne crois pas en tout cas.
Le mot d’Adeline
J’ai contacté Shaïman tout début Novembre pour lui proposer d’écrire et de publier un article au sujet de son travail et de sa personne. C’était aussi une façon pour moi de le remercier pour son travail. Et, en-tout-cas, d’avoir pu commencer aux alentours de début 2025, à écouter ce qui se dit dans l’univers de l’IA.
En effet, Shaïman, je l’ai découvert en visionnant son interview avec Maxime Fournes de Pause IA. La vidéo se nomme “il est urgent de mettre l’IA en pause” à retrouver ici.
Concrètement, cela faisait quasi 1 an que je vivais des choses difficiles, du type de la manipulation via mes comptes réseaux sociaux (et l’énergie). Et + d’un an que j’avais commencé à communiquer pour Authenticia. Et j’entendais parler de l’IA, mais je ne l’utilisais pas, car selon moi, elle n’était pas source de confiance ni de sécurité pour l’utilisateur et l’humanité.
Mes ressentis étaient très forts (médiumniques, je dirais même), au point de ne pas du tout avoir envie de m’y intéresser. Alors que le sujet ne faisait que de grandir auprès du grand public.
Le mot d’Adeline Hoareau
Puis, j’avais cette profonde conviction que l’IA n’allait pas dans le sens que je souhaite pour Authenticia et l’humain de manière générale. C’est-à-dire de mettre en avant l’expérience et la connaissance authentique qui en découle. Sans avoir à trafiquer, copier ou tromper qui que ce soit. Pour au final vendre un livre. Enfin, je dis livre… Vendre quelque chose qui n’est pas de moi.
Oui voilà, un peu comme un livre ouvert qui propose d’être lu et respecté pour ce qu’il offre comme proposition d’idées. Et que l’autrice y a mis une grande partie de ce qui la représente, elle, aujourd’hui. Des forces et des faiblesses qu’elle a laissé entrevoir, en toute sincérité.
Un peu plus d’un mois après, j’ai publié cette vidéo où j’ai souhaité mettre en relief différents mondes entre eux qui n’ont à priori pas de liens palpables, visibles, constructibles ? Mais qui m’ont inspiré, malgré tout, des enjeux communs.
J’aimerai souligner que dans ma démarche, à aucun moment ma philosophie a été de pervertir des connaissances ni de profiter du travail de Shaïman | Le Futurologue et de Maxime | Pause IA, à des fins personnelles, lucratives et égotiques.
Mais au contraire, de rendre visible, par mon expression, ma créativité et mon regard, les points et particularités que j’ai pu ressentir et percevoir comme positives et utiles pour le grand public. Et notamment des personnes qui ne sont pas rassurées face à l’IA. Qui la voit et la ressente même comme un danger existentiel. Afin peut-être de les rassurer..
Le mot d’Adeline Hoareau
D’ailleurs dans la description de la vidéo, j’avais ajouté la mention : “Et si j’osai regarder en face…”. Comme pour dire; malgré tout ce que je peux subir dans mon quotidien, dans ma vie (que je n’étayerai pas ici, mais que j’ai exposé en partie dans cette vidéo). J’ai ressenti comme un élan intérieur, guidé par une conscience morale d’oser mettre en forme et en vidéo, ce à quoi je pensais.
Je dois dire que j’ai tourné cette vidéo (voir lien ci-dessus), avec beaucoup de peurs en moi, à cette période. Car aborder un sujet pour lequel je n’ai pas initialement d’affect particulier, donner un ton joyeux à ma vidéo et plutôt encourageant. L’agrémenter par des idées créatives, proposer de nouveaux regards, lier des mondes qui ne se côtoient pas habituellement, aborder des sujets à forts enjeux en tentant de les faire coopérer. Je pense notamment à l’IA, l’agriculture, la liberté, l’amour, la spiritualité, des expériences personnelles, etc.
Tout comme, la publication de cet article, où j’ai tout réécrit manuellement, à partir de messages vocaux Et où, j’y ai apporté toute mon attention afin de n’oublier aucun élément qui m’a été partagé par Shaïman.
Je parlerai même d’un parcours vécu, expérimenté, du visionnage de sa vidéo au partage de ses mots, ici, aujourd’hui.
Le mot d’Adeline Hoareau
Par ailleurs, peut-être as-tu remarqué à sa lecture, la composition qu’il a, cet article. En fait, j’ai posé des questions à Shaïman pour lesquelles il a répondu. Puis, dans un second temps et tout naturellement, de nouvelles questions me sont venues en l’écoutant. Je lui ai donc partagé mes nouvelles questions et je le remercie beaucoup pour l’adaptation et l’ouverture sur des axes de sa vie plus personnelle dont il a su faire preuve face à cette dynamique complémentaire à la 1ère.

Discussion avec Shaïman Thürler
Pour finir, il est bon de rappeler qu’il ne s’agit pas ici d’une philosophie qui cherche à “attirer” ( happer ?) pour avoir et paraître/faire. Ni d’une approche en 3 vidéos sur la thématique de l’IA par exemple. J’ai préféré choisir l’authenticité, des idées à la réalisation de ma vidéo. Il ne fallait pas que je me rate pour faire passer, le plus important de mes messages.
Oui, sinon je me mets à repenser au triangle de karpman, au bourreau, à la manipulation, au piège.
Tout ça… Voir la vidéo à ce sujet.
En +, ces histoires-là, ça ne date jamais d’hier.
Je préfère éviter dans cet article.
Mais l’univers nous ramène toujours ce que l’on doit voir, au bon moment.
Il est très fort pour cela.
Le mot d’Adeline Hoareau
Et donc, en parlant de ma philosophie, il s’agit bien d’une philosophie basée sur le respect de l’humain, pour qui la personne est, dans son entièreté.
Pas pour de l’argent, de la gloire ni un titre derrière lequel je pourrais me cacher pour justifier, je ne sais quoi.
Le focus originel, s’il y en a un, n’est pas porté uniquement sur la production, mais aussi sur “Comment mon partage peut fonctionner autant dans le respect sincère de mon travail que celui de l’autre ?”.
Puis, si ça marche, en faire émerger quelque chose d’utile.
Et en + pour 0€. En fait, ici, ce n’est pas le sujet finalement.
Ce partage, je le fais avec grand plaisir.
Ce qui je crois, permet de différencier une démarche qui vient du coeur, d’une autre.
Le mot d’Adeline Hoareau
Merci d’avoir lu cet article 🙂
JOYEUX NOËL 🎄🎁
Discussion avec Shaïman Thürler | Média Le Futurologue
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